Les parties dans l'Étau
Le dernier mot du titre peut être écrit avec un "u" ou un "t" à la fin. Les parties, évidemment, on sait de quoi on parle. Grosses, juteuses, ratatinées ou pendantes, on en a tous. On peut espérer qu'aucun pantalon ne les entrave dans leur déploiement transhistorique. Bref, des parties, indissolubles de nous-mêmes, qui pourraient, si l'Étau se resserrait subitement, être douloureusement écrabouillées. C'était déjà la réalité, on l'a vu dans un futur post de ma part, que toutes nos parties, et, avant tout, nos Sphincters, font l'objet d'une pré-contrainte, et que, partant de l'impératif sphinctériel nos actes sont subordonnés aux menaces du Sphincter.
Qui d'autre pour nous dicter notre conduite qu'un Sphincter flageolant? En cas de doute, il faut éviter de se conchier. C'est la Grande Leçon du Sphincter. Obéis, et tu pourras dormir à sec. Voilà le premier et le dernier commandement du Sphincter. Il s'agit du moment fondamental de notre soumission à la Grande Leçon du Sphincter. Fini, les couches! Je suis le maître de mon Sphincter!
Bravo, mon enfant. Désormais, tu es responsable de quelque chose. C'est ta première erreur, et celle que tu ne cesseras de répéter tout au long de ta vie. Ton postérieur et ton inséminateur, voilà de quoi tu dois t'occuper dorénavant. C'est ton affaire. Tu as une conscience scatologique et reproductrice. L'évidence, donc, à laquelle il faudra nous rendre, sera bel et bien que la conscience est, de fait et depuis tout ce temps, demeurée scatologique en tant que telle. Son fondement même est mou, marécageux, mielleux (parfois). Elle ne peut guère s'élever au-delà des miasmes qui sont sa nature.
C'est donc dire que les constructions humaines, dans leur ensemble, sont dégoûtantes. Pas seulement de manière viscérale, mais aussi moralement et humainement. La manière la plus brève et la plus exacte d'exprimer la somme totale de "notre" contribution est: "yark". Toutefois, ces propos à peine exagérés nous éloignent de notre investigation. Ainsi, la conscience est définie négativement dès son origine en tant que renoncement à la libre ouverture des sphincters, ce que nous appellons communément "être propre". S'appartenir à soi-même (la "propriété originelle - voire même originiale - du caca" des socio-scatologues, qui, selon ces spécialistes métaphysiques du Sphincter, constitue l'acte fondateur de notre civilisation), dans l'esclavage originel du soi au Sphincter en tant qu'idée, est le but invisible de nos existences.
Car la domination et les structures de pouvoir toujours réitérées (et même ré-réifiées) qui émergent des organisations sociales des hommes sont fondées dans les représentations les plus anciennes que les protagonistes détiennent (celles de la Grande Leçon), et finalement elles ne font que se faire l'écho amorti par le lointain du temps originaire de la première soumission au Sphincter: notre monde est façonné selon la Grande Leçon.
"Retiens-toi, on arrive bientôt!" (dicton autoroutien)
La première Loi (et l'impitoyable chemin de croix qu'elle constitue) est: "ne te conchie pas", le fruit d'un laborieux exercice de synchronisation psycho-scato-perceptuelle élaboré au fil de plusieurs années à partir de vagues maux de ventres et sensations foireuses. Ainsi se cristallise la première soumission de la conscience. Con-science = ne pas se Con-chier. À présent, et jusqu'à ma mort, je devrai m'occuper de signaux clignotants et incommodants qui m'intiment l'ordre d'ouvrir ou de fermer mes sphincters/valves/paupières, etc. La plupart du temps, je dois résister à leur impériale pression, et espérer que ma volonté puisse surpasser ma chair avant que je ne me conchie.
L'exercice subséquent de la conscience soumise au Sphincter est l'addition systématique, par un ensemble d'acteurs et d'informations emmagasinées jusqu'à la dernière génération humaine (la famille, la tradition, l'école, l'État, l'obéissance, la conformité, le disque dur, la mollesse contribuant chacune à l'édification de ce noble édifice qu'est un enfant) , d'un vaste corpus de compétences psychomotrices, sociales, intellectuelles et morales, jusqu'à l'apparition miraculeuse du Citoyen ou, dans le pire des cas, l'inoffensif Philosophe. est un processus par lequel la conscience originelle et agissante est si entravée qu'elle cesse de se débattre.
Il est absolument impératif que la conscience s'éveille d'abord à l'incroyable réalité du Sphincter en tant que Maître Absolu de la Réalité Des Éveillés. Il faut en reconnaître l'empire impitoyable qui nous écrase sous la chape de sa prétendue nécessité. En quoi, s'il-vous-plaît, ai-je été mandaté pour m'occuper de tous ces sphincters, de ces jauges, de ces sentiments nauséabonds? De tous ces appétits? De ces milliards d'érections? Vous me rendez responsable avant même que je puisse en comprendre le sens? Et, toujours, ces sphincters vont couvrir d'une ombre mon existence. Ne les voyez-vous pas, ne ressentez-vous pas leurs impérieuses demandes scatiques?
De là naissent les structures du pouvoir, qui ne sont finalement que des calques de l'expérience sphinctérielle originelle. Ceux qui détiennent le pouvoir sont des mages sphinctériens, car ils détiennent non seulement une maîtrise hors du commun de leurs sphincters, mais ils peuvent aussi faire apparaître des sphincters additionnels à l'aide de la violence et d'outils sophistiqués. Tous les élans de la société ne sont en fait qu'autant d'envois et de retours de sphincters, d'obligations familiales, religieuses, financières, légales, voire! ironie du sort! morales, qui visent à nous contraindre sur le modèle de la Grande Leçon.
Voilà, en quelques traits volontairement grossiers (car des posts futurs contiennent déjà beaucoup plus d'informations juteuses à ce propos), "l'étau des choses". Par le fait même de notre universelle adhérence aux principes de la Grande Leçon (que les "dominants" ne font que calquer dans la sphère de la "domination"), nous avons toutes les "parties dans l'Étau=t", et ce, de manière irrévoquablement commune. Mais la société consiste justement en l'ajout d'Étaux supplémentaires, qui viennent peu à peu à écraser complètement nos parties. Nous en reparlerons dans les chapitres subséquents. Pour l'instant, il faut se réjouir d'avoir pu déceler les diverses pressions qui s'exprime sur nos joyaux familiaux. Ce qu'il faut garder en tête, c'est la structure même du phénomène du Sphincter, car il est manifeste en toute chose et en toute relation. Et son oppression est d'autant plus efficace qu'il est invisible et, ô dieux!, inodore.
Seulement en rejetant le Sphincter pourrons-nous nous élever par-delà nos rêves les plus fous. Son inodorité n'est pas une raison de l'ignorer. Il est là, et Il pue. La vraie liberté consiste à rejeter le dogme voulant que nous soyons responsables de quoi que ce soit. La première et la dernière entrave, c'est la responsabilité professionnelle. JE NE PUE PAS, voilà un slogan qui conviendrait bien à la jeunesse d'aujourd'hui.
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